La Cigale, Paris, 18/06/2001

Review et photos: Alex

     
  Ce soir, c’est Kaolin, un tout nouveau groupe français qui fait la première partie de Stereophonics à La Cigale. Leur 1er album devrait faire son apparition dans les bacs incessamment sous peu. Ils sont quatre : deux guitaristes, un chanteur bassiste, chose plutôt inhabituelle, et un batteur dont la batterie me semble disproportionnément petite (c’est assez amusant à voir !).

Très ouvert, le chanteur se laisse facilement aller à des digressions, racontant leurs origines, leur jolie ville de Montluçon, et prenant même le public en photo avec un jetable. Curieux, car habituellement, les groupes adeptes de la photo souvenir n’appuient sur le déclencheur qu’à la fin du concert, en guise d’ultime remerciement. Le public ne se prend pas tellement au jeu et semble plus lassé et impatient qu’ils jouent qu’emballé par ces bavardages prolongés.

Musicalement, je songe tantôt à Buckley, au détour de certains accords de guitare, tantôt à Muse, la voix du chanteur se faisant parfois plaintive, allongée dans les aigus. Cependant, après un bon départ, deux-trois chansons époustouflantes et un morceau instrumental, l’originalité s’amenuise pour tomber dans la banalité, dans le standard ennuyeux. Heureusement, pour conclure ils nous jouent un morceau plus dans la veine des premiers. Un petit cocktail musical explosif, le son de chaque instrument partant dans tous les sens, me rappelant à nouveau le trio déchaîné de Muse.

 

   
 
 
En décor de fond, l’insigne faisant la couverture de JEEP est affichée en géant. Après des réglages n’en finissant pas, Stereophonics fait finalement son entrée en scène vers 21h00. Je me demande vraiment pourquoi certains chanteurs ne se placent jamais à l’endroit le plus logique, à savoir le centre de la scène. Kelly Jones est lui complètement sur la gauche. La répartition du groupe sur scène est d’ailleurs curieusement clivée. Le batteur, le guitariste et le bassiste sont rassemblés sur la droite. Seul le clavier est en retrait, légèrement sur la gauche, entre eux et Kelly Jones.

Le groupe enchaîne des titres de leur dernier album, JEEP, évidemment, et des titres de leur 2ème album, "Performance and Cocktails", parsemés de quelques morceaux par ci par là de leur premier album, "Word gets around", dont l’incontournable "Local boy in the photograph" que le public connaît par cœur. Quel plaisir d’écouter live des morceaux comme celui là, comme "A thousand trees" ou comme "Traffic". Pour ce qui est de leurs nouvelles chansons, je suis tombée sous le charme de certaines comme "Step on my old size nine", "Caravan Holyday" et "Everyday I think of money". L’écoute de leur nouvel album à la Fnac m’avait pourtant franchement déçue. Or ce soir, il est difficile de ne pas se laisser envahir par l’élan de bonne humeur prodigué par "Have a nice day", le nouveau single que je trouvais un brin trop gentillet à mon goût ! L’interprétation de "I stopped to fill my car up" est quant-à elle un moment fort du concert, l’intensité renforcée par de nombreux briquets parsemant la salle et l’allongement instrumental sur la fin.

Le statisme du groupe m’a beaucoup surprise. A l’écoute de leurs albums, on se serait plutôt imaginé un groupe actif sur scène, limite survolté. Plus nerveux que ça, dans tous les cas ! En réalité, aucun attrait visuel. Kelly, impassible et fort peu bavard, enchaîne les chansons sans s’attarder au moindre commentaire. Juste quelques mots incompréhensibles dès lors qu’il ne s’agit pas de l’universel "thank you". Il fait partie de ces chanteurs qui changent de guitare pratiquement à chaque morceau. Cela m’intrigue toujours autant, car j’avoue ne pas distinguer plus que ça de différence sonore d’une guitare à l’autre ! Il joue deux ou trois chansons assis sur un tabouret de bar, plus absorbé encore que jamais. Des gars du public se font porter par la foule et parviennent à monter sur le bord de la scène à plusieurs reprises. Et même à ce moment là, Kelly observe l’air amusé, sans broncher, continuant de chanter comme si de rien n’était, alors que le public assiste au manège de l’un d’eux semblant "jouer" au chat et à la souris avec un technicien !!

Malgré le manque de dynamisme certain de la part du groupe, le public est lui très motivé et enthousiaste. Les premiers rangs sont animés pendant les chansons entraînantes comme "The bartender and the thief", "Pick a part that’s new" ou "Just looking". C’est fabuleux de sentir les lattes du parquet remuer autant sous les pieds, c’est toute la salle qui vibre au son de la musique ! On a droit à un rappel, entamé avec "Mr. Writer" que l’on n’attendait plus !

En conclusion, rien de bien grandiose, mais un concert fort agréable tout de même et une ambiance très bon enfant. Et puis il y a tellement longtemps que je "rêvais" de les voir en concert. C’était à l’époque de "Word gets around", et c’est pour cette raison que j’aurais d’autant apprécié qu’ils jouent plus de titres de leur 1er album…